La rentrée : un temps de décision
Une décision emblématique du besoin de sens et de cohérence…
Temps de lecture : 3 minutes
Une décision emblématique du besoin de sens et de cohérence…
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Parce que les faits sont parfois plus éloquents que les commentaires, je vous invite à écouter ou réécouter l’émission sur France Inter, durant laquelle Nicolas Hulot a annoncé sa démission.
L’interview est, me semble-t-il, assez unique en son genre car il est rare en effet qu’une personne, a fortiori un ministre, se livre à un exercice de sincérité en direct, accompagné de questions légitimes que beaucoup de personnes se posent sans jamais oser les formuler en public, du type « suis-je à la hauteur ? » ou « aurais-je pu mieux faire ? », avant de concéder avec tristesse : « je n’y crois plus ».
La manière dont Nicolas Hulot a annoncé sa démission fait écho à de nombreuses réflexions et exigences qui sont à la fois celles de mes clients mais également les miennes : agir en cohérence avec ses valeurs, ne pas se mentir, faire preuve de sincérité avec soi-même. Nicolas Hulot a dit non, avec courage et dans la solitude, prenant ainsi, déclare-t-il, « pour la première fois, la plus difficile décision de sa vie ». Personne ne peut dire si c’est en soi une bonne ou une mauvaise décision, même si tout un chacun aura un avis. Cette décision appartient à celui qui l’a prise.
Pourquoi Nicolas Hulot prend-il cette décision? Beaucoup d’éléments se télescopent bien sûr mais ce qui transparaît dans ses propos est une prise de conscience d’une accumulation d’évènements, d’échecs ou de « petits pas trop petits », ayant généré un fort sentiment de lassitude. Nicolas Hulot s’est vu devenir cynique, baisser les bras, s’accommoder de ses valeurs mises à mal.
Nul ne peut dire si sa décision sera in fine profitable à la cause qu’il défend ou si sa présence au gouvernement aurait été préférable à son absence car l’action et la prise de risque sont fondamentalement caractérisées par l’incertitude… Incertitude qui nous génère souvent un tel inconfort que nous préférons reporter les décisions que nous savons inéluctables !
La rentrée s’accompagne fréquemment de réajustements, remises en questions, passagères ou plus durables. Une cliente me disait ce matin que la question « qu’est-ce que je fais là ? » était très présente lors de son jour reprise. Bien sûr, nous pouvons tous regretter « plage, coquillages et crustacés » l’espace d’un instant, avoir envie de repartir en vacances, de tout plaquer et accomplir un projet qui sommeille depuis longtemps, sans que cela signifie que ce soit réellement notre souhait, que ce soit réaliste voire même souhaitable.